Rehausser la formation des enseignants, prise2

Formation ou évaluation?

Autourd’hui, je trouve un deuxième article sur le même sujet de la formation des enseignants, cette fois-ci dans La Presse, il s’agit d’un éditorial de Pascale Breton que vous pouvez lire en suivant le lien ci-dessous.

http://plus.lapresse.ca/screens/5ffaf8fd-a7ad-460e-9e4d-25fa1266bc37%7C_0.html

Madame Breton évoque le fait que le ministre veut rehausser la formation des maîtres, même si le ministre parle plutôt de rehausser les critères d’admission à cette formation. Il me semble que ça démontre la manie d’évaluation qui nous obsède depuis des années, comme si on allait finir par trouver « le test » qui nous assurerait le succès. Lire la suite

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Comment rehausser la formation des enseignants?

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François Blais, ministre de l’éducation

Samedi dernier (29 aout), je lis dans Le Devoir, que le ministre de l’éducation veut des enseignants plus compétents. Pour ce faire, il entendrait rehausser les critères d’admission à la formation universitaire en éducation, de sorte que ces derniers deviennent des « modèles sur le plan intellectuel et moral ».

Est-ce  la solution?

Pour lire l’article :

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/448763/enseignement-primaire-et-secondaire-francois-blais-veut-resserrer-les-criteres-d-admission-au-baccalaureat

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Quand commencer l’enseignement de la lecture?

 

Quand commencer l’enseignement de la lecture?

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Au début de l’année 2015, une lettre est parue dans LE DEVOIR qui illustre bien comment le courant de l’Éducation nouvelle influence la pensée sur l’éducation jusqu’à aujourd’hui. L’auteure de ce texte affirmait en gros qu’il serait dommageable pour les enfants qu’on inscrive l’enseignement de la lecture au programme du préscolaire.

Pour lire l’article : Que voulons-nous pour nos enfants?

Ce texte présente des traits négatifs du discours de l’éducation nouvelle, qui le rattache à l’idéologie plus qu’à l’argumentation logique:

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De retour

Après presque de deux mois de pause, me voici de retour sur ce blogue. Le gros article sur le socioconstructivisme et la lecture, publié en sept parties arrive à sa conclusion aujourd’hui. Il est le fruit de mes lectures de la première année de ma retraite, lectures qui ont modifié  ma façon de voir l’éducation. J’ai maintenant envie, à partir de cette perspective améliorée de prendre position sur les questions d’actualité en éducation. La rentrée qui s’en vient et la journée internationale de l’alphabétisation le 8 septembre seront des occasions intéressantes de revenir sur l’un ou l’autre point abordés dans cette recherche.

À suivre, donc

Le socioconstructivisme est-il utile pour l’apprentissage de la lecture? (7)

Conclusion

Le socioconstructivisme qu’on nous a présenté comme un fondement pour l’éducation du XXIe apparait davantage comme de nouveaux habits pour une théorie qui accompagne tous les remous du système d’éducation moderne depuis sa naissance. Avant de le rejeter pour effectuer une nouvelle tentative de virage à 180 degrés, il serait judicieux de tirer les leçons de ce siècle de « socioconstruction » en éducation en reconnaissant ses acquis et en définissant les étapes suivantes.

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Le socioconstructivisme est-il utile pour l’apprentissage de la lecture? (6)

Quatrième partie :

Lev Vygotski et l’apprentissage social

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Lev Semonovich Vygotski (1896-1934)

On a vu jusqu’ici que le constructivisme en éducation ne reposait pas vraiment sur la théorie psychologique du même nom élaborée par Piaget, mais plutôt sur les idées du mouvement de l’Éducation nouvelle (auquel Piaget a participé). On a vu aussi que la philosophie scientiste du même mouvement ne s’est pas traduite par de véritables recherches scientifiques sur les méthodes et approches en éducation. C’est maintenant le moment de voir ce qu’il en est du préfixe « socio » ajouté à « constructivisme », qu’on associe au méconnu psychologue russe Lev Vygotski. Est-il légitime de valoriser les interactions sociales entre les élèves en se fondant sur sa théorie? Est-ce que la pédagogie par projets est inspirée de son approche? Et cette dernière est-elle semblable à celle de Piaget?

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Le socioconstructivisme est-il utile pour l’apprentissage de la lecture? (5)

Troisième partie- b :

Ovide Decroly et la méthode globale de lecture

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Ovide Decroly (1871-1932)

L’histoire de la méthode globale de lecture illustre bien la relation ambivalente entre l’éducation et la science. Ovide Decroly (1871-1932), le fondateur de cette méthode, est un médecin belge qui s’est très tôt intéressé à l’éducation de ce qu’on appelait alors « l’enfance anormale ». Il croyait à l’importance de guider l’éducation au moyen des principes scientifiques et il a adopté l’idée de la pédologie dont il a présidé le congrès de 1911, ainsi que celle de la pédagogie expérimentale. Il croyait aussi que la psychologie pouvait établir les lois du développement afin de diriger l’action éducative, de la même manière que la physiologie a établi les lois qui guident le médecin.

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Le socioconstructivisme est-il utile pour l’apprentissage de la lecture? (4)

Troisième partie :

Éducation nouvelle et science de l’éducation

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Pasteur développe le vaccin en 1881

Autant que l’instauration d’un système d’éducation universel, le mouvement pour l’Éducation nouvelle désirait que la pratique éducative soit fondée sur la science. En cette fin de XIXe siècle, l’industrialisation avait révélé les avancées spectaculaires permises par la méthode expérimentale des sciences de la nature et on rêvait qu’il en soit de même avec les progrès sociaux. On croyait que la même méthode expérimentale — observation objective et systématisation — permettrait de mettre à jour les lois fondamentales régissant la vie sociale. C’est cet engouement scientiste, plus qu’une véritable démarche scientifique, qui a nourri le mouvement de l’Éducation nouvelle entrainant autant des développements majeurs, comme la théorie de Piaget, que des aventures où l’enthousiasme et la ferveur militante prennent malheureusement le pas sur la rigueur scientifique.

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Dans ce roman satirique paru en 1881, Flaubert caricature l’engouement de ses contemporains pour la science.

Plus d’un siècle après ses débuts, l’éducation moderne est encore tributaire de cette époque où le militantisme se mêle aux avancées scientifiques. Quelle est la part de la science utile en éducation? Comment marier les résultats de la recherche avec les visées éducatives? Pour y voir plus clair, j’ai étudié deux voies explorées dans le cadre du mouvement de l’Éducation nouvelle : la pédologie ou « science de l’enfant » et la pédagogie expérimentale. Puis, à travers l’oeuvre d’Ovide Decroly, un acteur important du mouvement de l’Éducation nouvelle et fondateur de la célèbre méthode globale (1906), je retrouve l’origine de certaines idées qui ressurgissent encore aujourd’hui dans l’enseignement de la lecture.

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Une recherche innovante sur les résultats des programmes d’alphabétisation en Afrique

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Du 4 au 6 mai, l’Institut pour l’apprentissage tout au long de la vie (UIL) de l’UNESCO tenait le sixième séminaire de la Recherche action sur la mesure des apprentissage des bénéficiaires des programmes d’alphabétisation (RAMAA) à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Cette initiative de recherche action se déroule depuis cinq ans dans cinq pays d’Afrique: Le Burkina Faso, le Mali, le Maroc, le Niger et le Sénégal. Elle vise à mesurer les compétences des personnes qui ont complété une formation en Alphabétisation, ce qu’on appelle ici l’éducation non formelle. Si on réalise que le système scolaire de ces pays ne permet pas de scolariser la totalité des enfants d’âge scolaire, on comprend que la population ciblée par l’éducation non formelle est énorme.

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Le socioconstructivisme est-il utile pour l’apprentissage de la lecture? (3)

Deuxième partie : 

L’Éducation nouvelle, un mouvement pour un système d’éducation moderne

École ancienne7À compter de la fin du XIXe , en Europe et en Amérique du Nord, un mouvement milite pour un système d’éducation universel, pris en charge par l’État et pour une pédagogie fondée sur la science. On lui a donné le nom d’Éducation nouvelle. Les grands pédagogues du début du siècle, les Montessori, Decroly, Dewey, Freinet et Neil, s’entendent pour affirmer qu’une école « centrée sur l’enfant » représente le progrès face à l’école subordonnée à la tradition sclérosée qu’on connait alors. Ils souhaitent que les enfants « apprennent à apprendre », qu’ils soient « actifs » et qu’on considère leurs « intérêts », plutôt que de leur bourrer le crâne de connaissances éparses. Ils revendiquent aussi une formation solide pour les enseignants, dispensée à l’université et, bien sur, fondée sur la science plutôt que sur l’application de techniques et de recettes transmises dans la pratique.

images-2Le succès de ce mouvement fait que, maintenant, il existe partout en Occident des systèmes d’éducation universels certifiés par l’État, la formation des enseignants  se fait à l’université et la pédagogie tient compte de la psychologie de l’enfant. Ce sont des acquis du XXe siècle. Pourtant les injonctions à se « centrer sur l’enfant », à considérer ses « besoins », à délaisser la mémorisation de faits épars pour « apprendre à apprendre » continuent d’être présentées comme des innovations nécessaires à chaque réforme. En retournant dans l’histoire de ce courant majeur qu’est l’Éducation nouvelle, j’ai voulu comprendre son héritage ainsi que l’origine de ces expressions qui font partie du vocabulaire ordinaire de l’éducation.

 

Ma principale source d’information est tirée des travaux de l’Équipe de recherche en histoire sociale de l’éducation (ERHISE) de Genève, dirigée par Rita Hofstetter et Bernard Schneuwly. Selon ces chercheurs, le mouvement de l’Éducation nouvelle s’est développé selon deux voies complémentaires, l’une sociale, militant pour le progrès et la démocratie, et l’autre scientifique, visant à développer le savoir sur l’enfant et l’apprentissage.

Je visite ici l’histoire du mouvement militant en éducation et ses revendications ; la prochaine partie sera consacrée à la science en éducation (et de l’éducation), toujours en suivant la piste du socioconstructivisme et de l’enseignement de la lecture.

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